L'envol de l'aiglon

Anthony vient d'avoir 18 ans, voici un peu l'illustration de ce que je ressens à ce sujet.
Et puis... je vous l'avais un peu promis il y a quelques mois, voici une petite nouvelle:
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Le dernier homme J’étais seul depuis la catastrophe. Cela fait sept mois maintenant, et depuis j’arpente les routes d’une ville à l’autre pour retrouver un autre survivant, en vain. La solitude me pèse de plus en plus, elle n’est pas une compagne bien agréable, elle est même devenue insupportable. J’ai perdu l’espoir de rencontrer un autre être humain. Le mythe dit que tout va par deux, et de tous temps ceci s’est révélé exact… le yin et le yang, l’électron et le positron, le positif et le négatif. On a tous notre alter ego, notre négatif. Mais alors comment j’existe ? Pourquoi n’ai-je pas été détruit en même temps que mon alter ego ? Je suis une erreur de la nature. Il ne me reste plus qu’à attendre la mort. « Quitte à faire quelque-chose, fais-le bien » me disait mon père. Pour ma mort, mon suicide plus précisément, j’ai choisi le temple. Comme méthode, l’épée d’un grand roi, tel Rodrigue chantant "O noble lame étincelante". Me plaçant devant l’autel, j’adresse une prière à un dieu auquel je ne crois même pas. Je retourne l’épée contre moi, bloque le pommeau entre deux dalles, et me laisse tomber sur la lame. Une main arrête mon geste. Comment une main si fine peut être si forte ? Je me retourne et découvre la femme. Non, l’ange. Un corps de femme d’une beauté sans égale, des ailes de plumes, et un regard qui me dit « Ne fais pas ça ». Je ne peux qu’obéir. L’atmosphère s’alourdit soudain, une autre pensée me frappe « Fais-le, tu n’as plus que ça ». Un autre personnage est apparu, titanesque, un démon ? Je n’ai pas le temps de réaliser ce qui se passe, tout est devenu chaos. Ils se battent à l’épée, si vite que je vois à peine leurs mouvements. Chaque coup résonne contre les murs et le temple menace de s’effondrer. Un tourbillon se lève, fracassant les meubles contre les colonnes, me projetant contre l’autel. Je n’ai pas le temps de me remettre que le vent s’arrête brusquement. Le silence est tel que j’hésite à respirer. Le démon est allongé sur le dos au milieu du temple, une épée plantée dans la poitrine. Une mare de sang naît sous lui. L’ange, debout, les bras ballants, le regarde. C’est elle, enfin, elle est mon alter ego. Elle lève des yeux tristes vers moi, un regard qui contredit mes nouveaux espoirs. Elle tombe à genoux, s’allonge près du démon. Un brouillard monte de son corps, son âme s’échappe. Elle était l’alter ego du démon, elle meurt avec lui. Je sors de l’église, et remets mon sac sur le dos. Il fait soleil. Je souris à nouveau à la vie. Si je suis vivant, c’est que mon alter ego est vivant… je n’ai plus qu’à le trouver. |
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4 commentaires
Mais cette image (comme tes souvenirs) resterons gravées dans la pierre ...
Sera-t-il touché par la grâce ou transpercé par un éclair pour être transformer?
Beau retour avec cette nouvelle. Je la trouve particulièrement en accord avec la photo. Un parallèle entre un jeune homme seul à la rencontre d'un nouveau monde...
;-)
Noémie: Dur, non. Mais c'est une étape.
Sandrine: Il sera plus certainement entre les deux.